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Le pèlerinage qui est notre vie


Sans doute, avons-nous déjà entendu parler de quelqu’un. qui, un jour,

a décidé de tout laisser, de prendre pour tout bagage un sac, et, de faire à pied, le pèlerinage jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle.


Marcher durant un mois, trois mois ou six mois, avec tout ce dont nous avons besoin sur le dos.

Ceux qui ont fait cette expérience peuvent témoigner, combien il est nécessaire d’alléger, au maximum, les bagages pour pouvoir avancer sur le chemin.


La semaine dernière, en allant vérifier les portes de la paroisse avant de me coucher, j’ai trouvé une personne qui dormait sur le seuil de notre église.


Je l’ai réveillé, et je lui ai demandé s’il voulait dormir à l’intérieur.

En sachant que je suis prêtre, il est rassuré, et il a accepté.


En écoutant son récit, 6 mois de route pour Compostelle, je me rendais compte que ce « pèlerin » m’invitait aussi à un pèlerinage.

Il m’invitait à sortir de ma routine, à ouvrir une porte sans peur, à écouter un étranger à une heure tardive, à servir une collation. En somme, à fraterniser.


Une vraie métaphore de nos vies !


Cela nous pousse à nous poser les questions justes, face à notre vie,

et, la plus grande étant celle de l’homme de l’Evangile :

« Comment, au terme, entrer dans le Royaume de Dieu, avoir la vie éternelle ? »


La deuxième lecture nous disait combien est exigeante la Parole de Dieu : « Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est à nu devant Lui, soumis à son regard »(He 4,13)


Nous allons voir où se situe cette exigence.


Dans l’évangile, nous voyons un homme qui demande ce qu’il doit FAIRE pour AVOIR la vie éternelle.

L’homme que nous suivons a déjà fait des pas importants dans sa vie :

il observe les commandements depuis sa jeunesse.

Sans doute, il a souvent médité sur la Sagesse,

cette lumière qui permet de voir comme Dieu voit.


Sa recherche en témoigne : il désire obtenir la vie éternelle.

Une soif conduit cet homme vers Jésus, et Jésus le reconnaît :

l’aimant, Il l’appelle à franchir une nouvelle étape.


« Jésus posa son regard sur lui et il l’aima. Il lui dit : une seule chose te manque, va… vends ce que tu as et donne le aux pauvres… »


Cette attitude et ces paroles nous invitent à voir en Jésus la ‘Sagesse divine’ et, la préférant à toute richesse, entrer dans un dépouillement total pour se mettre à sa suite.

« Viens, suis-moi »


Cela semble rude.

Mais, il est important de se souvenir du contexte :

Jésus marche vers Jérusalem, vers l’accomplissement de la mission que le Père lui a confiée :


Sauver les hommes par sa mort et sa résurrection.


La ‘radicalité’ des textes nous donne à percevoir toute la force et la beauté du message.

Confrontés à la radicalité de l’évangile, nous avons tous à reconnaître nos tensions intérieures entre AVOIR et ÊTRE.


Nous désirons en vivre, mais nous refermons tristement nos mains et nos cœurs.

Même si le désir d’un plus ou d’un mieux nous habite, parfois nous sommes tétanisés par la peur de perdre ou de risquer.

« Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la Sagesse »(ps.89)


Cette insatisfaction plaît à Jésus :

elle est le signe que l’homme est prêt à aller plus loin que ce qui est fixé par avance dans un système de règles. Si bonnes soient-elles, les règles ne suffisent jamais.


L’homme répondit :

« Maître, j’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. »

Jésus lui dit :

« Une seule chose te manque »


Le manque que Jésus identifie est, chez l’homme, le début d’une prise de conscience :

Dieu réclame de lui plus qu’une routine confortable : un engagement plus radical, plus profond.


« Va, vends tout ce que tu as… tu auras un trésor au ciel… »


L’interlocuteur de Jésus se comporte en bon juif ou en chrétien, bon « pratiquant », préoccupé pour son salut personnel .

Mais cet homme n’est pas encore devenu chrétien au sens de l’Evangile.


Selon Jésus, le croyant ne doit pas avoir comme seule préoccupation d’éviter de commettre le mal « ne commets pas… », mais et surtout de faire activement le bien : « Va », « vends », « donne » dans l’esprit des béatitudes savoir être pauvre de cœur, doux et humble, avoir faim et soif de justice.


En d’autres termes, il s’agit d’humaniser notre conception de l’existence dans laquelle VIVRE devient ouverture passionnée à la Vie, au risque de critiques, de moqueries, voire de persécutions.


« Viens et suis-moi »

Cette parole ouvre la route du ‘pèlerin’, dont Jésus est le modèle.

Faire l’expérience ‘du lâcher prise’ transforme ainsi nos diverses relations humaines : après les relations entre mari et femme, les relations entre parents et enfants, et maintenant il est question de relations entre riches et pauvres.


Jésus fait remarquer aux disciples à quel point la richesse accumulée et non-partagée peut faire obstacle au règne de Dieu et nous en éloigner.

Voilà pourquoi, Il insiste sur le fait que le salut ne s’obtient pas par nos propres forces, mais en laissant agir en nous la puissance de Dieu lui-même.



L’image du chameau ne pouvant entrer par le trou d’une aiguille est suffisamment énorme pour que nous comprenions la force de l’appel.

« Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu »


Nos richesses peuvent être de toutes sortes, mais sans doute, pour chacun de nous, le plus grand renoncement est-il d’accepter que l’on ne peut ni obtenir la vie, ni se sauver par soi-même.

« Heureux qui s’appuie sur le Dieu de Jacob » (ps.145)


A nous de consentir à déposer ce qui rend notre marche difficile et d’être, les mains vides, disponibles pour accueillir toute grâce.

Marcher à la suite du Christ, c’est comme Lui, être dépouillé de tout comme nous le rappelle la lettre aux Philippiens :


« Lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais, au contraire, Il se dépouilla Lui-même en prenant la condition de serviteur. » 2,6-7


Amen.

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